Externalisation : encore un temps de retard dans les mentalités

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A comparer les réactions des DRH en France et au Royaume-Uni au sujet de l’externalisation des fonctions RH, force est de constater la différence de maturité à l’égard de cette modalité d’organisation. C’est en tout cas l’analyse à laquelle nous conduisent les données présentées par Demos. L’enquête menée entre décembre 2011 et février 2012 (auprès de 380 dirigeants), s’est focalisée principalement sur l’externalisation de la formation.

Deux-tiers des entreprises représentées dans cette étude ont déjà fais l’expérience de l’externalisation (accueil, informatique, facturation, achats, et pour les fonctions RH, la gestion de la paie et la gestion du temps, loin devant la gestion des frais ou de la formation). Premier motif invoqué, classique, se dégager des tâches de back-office pour se concentrer sur les tâches à valeur ajoutée. D’ailleurs, concernant la formation, c’est ce qui prime pour les français : se dégager des aspects logistiques et administratifs de l’organisation de la formation. Mais les britanniques, eux, mentionnent plus volontiers la possibilité de bénéficier de l’apport d’experts, pour l’ingénierie de formation, voire la définition des objectifs et le pilotage de la formation.

Là est toute la différence … de maturité, selon Demos : pour trois entreprises sur quatre outre-Manche, le facteur déclenchant pour externaliser est la notion de création de valeur. Ce n’est le cas que pour 39% des entreprises françaises. Ce qui rejoint le constat fait un an plus tôt : rares sont encore les états-majors qui ont saisi que « l’innovation passe par l’externalisation et réciproquement » (notre billet du 20 mai 2011, étude de la Warwick Business School).

De plus, en France, les projets d’externalisation répondent à une problématique nationale. Là où pour les britanniques, la dimension internationale des projets entre plus souvent en ligne de compte (même si elle n’intervient pas dans le choix du prestataire, déterminé pays par pays).

Néanmoins, l’idée d’externalisation, pour des raisons stratégiques, fait son chemin. Dans trois cas sur quatre, un tel projet est porté par un membre du comité de direction (DG ou DRH). On en attend un apport de compétences, une expertise globale du métier de la formation. Est-ce qu’expertise rime alors avec innovation ? A voir !

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One comment on “Externalisation : encore un temps de retard dans les mentalités

  1. Thomas CHARDIN   said:

    Je ne suis pas certain qu’on puisse parler d’écart de “maturité”, comme si les DRH Français étaient moins “matures” que leurs confrères anglais.

    Les pays anglo-saxons ont une pratique de l’externalisation RH plus “développée” qu’en France et sur des activités parfois différentes (cf. mon billet http://bit.ly/H5Wo6g et les résultats de l’étude Démos).

    Le terme de “maturité”, employé lors de la restitution de l’étude, sous-tend un jugement de valeur qui entraîne des réactions épidermiques (cf. l’article de 3 pages dans la revue Personnel d’André Perret http://bit.ly/KPbnFW, cité dans le blog de Formaeva http://bit.ly/M7cYCq : La formation, dernière victime de la monétarisation de l’entreprise ?).

    Cette subjectivité généralisée au sujet de l’externalisation nous empêche souvent de poser les bonnes questions, et surtout d’y apporter les bonnes réponses.

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