Mobilité et emploi: et si l’Europe misait un peu plus sur les aspirations des jeunes?

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Quand on demande aux jeunes générations (de 15 à 35 ans) des 27 pays de l’Union européenne s’ils aspirent ou s’ils sont prêts à travailler à l’étranger, dans un cas sur deux (53%), ils répondent «chiche»! L’ennui, c’est que, même ayant eu un premier goût de la vie d’expatrié durant leurs études (et ce n’est encore le cas que de 14% des jeunes), la plupart d’entre eux renoncent à poursuivre l’expérience. Résultat: moins de 3% des travailleurs européens vivent en dehors de leur pays d’origine.

Selon l’enquête Eurobaromètre publiée en mai (à consulter ici : enquête «Youth on the move »), qui examine notamment les freins à cette mobilité sans frontières, la raison principale invoquée est bel et bien matérielle. Si un jeune sur sept seulement (14 %) a suivi des études ou une formation à l’étranger, c’est que l’intendance ne suit pas. Le manque de moyens financiers est dissuasif. Parmi les jeunes désireux d’aller voir ailleurs si l’herbe peut être verte pour eux, 33 % disent ne pas pouvoir se le permettre. Près des deux tiers (63 %) de ceux qui l’ont fait ont dû recourir à un financement privé ou à une épargne.

Et pourtant, c’est maintes fois prouvé : ceux qui ont effectué une partie de leurs études à l’étranger ont plus de chance de trouver ensuite un débouché, dans leur pays ou ailleurs. La cause est entendue et défendue par la commissaire européenne à l’éducation/culture/multilinguisme,jeunesse Androulla Vassiliou : « Le chômage des jeunes et la lenteur de la croissance économique sont deux de nos plus grands enjeux d’aujourd’hui. La solution tient en partie à une mobilité accrue des étudiants et de la main-d’œuvre».

Et de constater : «L’enquête montre que les jeunes souhaitent ardemment travailler à l’étranger, et c’est une bonne nouvelle pour l’Europe. Malheureusement, il subsiste beaucoup trop d’obstacles ». Ce qui, selon la représentante de la Commission européenne, souligne la nécessité de renforcer les programmes de mobilité de type Erasmus, qui, souligne-t-elle, « offrent un excellent rapport coût-efficacité».

Voilà de belles et bonnes intentions pour la période des études. Mais après ? Et dans les faits ? Au delà de la maîtrise d’une langue étrangère, les employeurs disent apprécier la capacité d’adaptation et les aptitudes relationnelles que sous-tend l’aspiration des jeunes à la mobilité. Mais en tiennent-ils vraiment compte dans la réalité quotidienne du recrutement ? Et dans la réalité de la gestion des compétences ? A l’égard de ces jeunes à l’esprit agile (puisque l’agilité est actuellement un leitmotiv en vogue chez les managers), est-on prêt  à faire preuve d’un peu moins de conformisme ?

A noter que, dans le lot (57000 jeunes interrogés dans les 27 pays de l’Union européenne plus l’Islande, la Norvège, la Croatie et la Turquie, les souhaits de mobilité des français sont dans la bonne moyenne : 60% envisagent volontiers de travailler à l’étranger, dont 31% pour une période prolongée. Les plus potentiellement mobiles se trouvent chez les islandais (84%), les suédois (76%) les bulgares (74%), les roumains (73%) et les finlandais (71%). Les moins mobiles (ou les plus casaniers?)  sont  les néerlandais (44% souhaitent sortir du pays), les italiens (38%), et les turcs (28%).

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One comment on “Mobilité et emploi: et si l’Europe misait un peu plus sur les aspirations des jeunes?

  1. CRM Mobile   said:

    Ce constat est fort intéressant. Par contre, qu’elles sont les solutions ? Comment faire pour aider à cette mobilité des jeunes en Europe ?

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