L’innovation passe par l’externalisation… et réciproquement?

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Externaliser, c’est se donner les moyens d’innover. C’est du moins le point de vue d’une large majorité de ceux qui gèrent l’informatique des entreprises (70% des DSI interrogés par la Warwick Business School, à télécharger ici). Plus étonnant, le fait que cet avis soit partagé par ceux qui tiennent les cordons de la bourse: les directeurs financiers qui faisaient aussi partie de ce panel. Preuve, s’il en est encore besoin, que l’impact de l’externalisation est recherché bien au delà de la seule réduction des coûts. Et si l’on interrogeait à ce sujet les DRH, obtiendrait-on une réponse différente? Tant il est généralement admis, maintenant qu’externaliser, c’est permettre à la fonction de se concentrer sur son métier (voir notre billet de juillet dernier sur ce thème).

L’étude en question, parrainée par la société de conseil Cognizant Technology, vise à mettre en évidence le lien entre la progression de l’externalisation (Business Process Outsourcing ou BPO) et la capacité à innover.  Deux-tiers des 250 dirigeants des six zones représentées (Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, Benelux, France et pays scandinaves) disent avoir davantage recours à l’externalisation depuis trois ans. L’innovation figure en tête de liste des priorités des DSI, qui se tournent vers un prestataire pour les aider à conduire l’innovation. Et la moitié d’entre eux envisagerait de dépenser plus pour un service externalisé qui leur permettrait de formaliser et de pérenniser leur démarche d’innovation. Normal, direz-vous, pour une responsabilité qui dépend fortement de sa capacité à profiter des progrès de la technologie. Mais n’attend-on pas aussi cela d’une DRH qui a déjà tâté un tant soit peu de l’externalisation, pour la gestion de la paye, par exemple?

Dans sept cas sur dix, selon l’étude Cognizant, les DSI et DAF reconnaissent l’importance de l’innovation découlant de l’externalisation et son impact sur les performances financières de leurs entreprises. Le paradoxe, c’est qu’en tant que responsables des contrats de sous-traitance, une petite minorité des DSI et directeurs financiers interrogés (35% seulement) déclare pouvoir mesurer effectivement la valeur ajoutée due à cette correlation entre externalisation et innovation. Rien de bien nouveau, en définitive, dans le contexte de la sous-traitance informatique. On externalise pour pouvoir innover, mais trop souvent, on n’innove guère dans la gestion et le suivi de son (ses) prestataires. Et c’est bien dommage.

Là encore, si l’on posait la question à des DRH ayant externalisé l’une ou l’autre des composantes de sa fonction, obtiendrait-on un constat différent? Quand on externalise, n’a-t-on pas besoin de considérer ce que cela peut changer (innover?) dans sa propre organisation? Et jusqu’où? Evaluer ce que l’on y gagne. Cela s’appelle garder la main!

Ce qui amène de l’eau au moulin des représentants de la Business School à l’initiative de cette étude, selon lesquels le modèle gagnant est celui de l’entreprise qui mise sur la capitalisation de l’expertise. Et qui, de ce fait, en appelle à des prestataires sachant jouer sur l’expérience acquise dans le cadre de missions diversifiées et sur la constitution d’équipes permettant de mobiliser les talents pertinents sur chaque projet. «Au final, chaque mission d’externalisation devrait avoir pour résultat un impact avéré sur les résultats de l’entreprise», insistent les rapporteurs de cette étude. De quoi enchaîner sur une autre étude afin, cette fois, de mesurer cet impact.

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