Organisation: nette progression du travail flexible, plus timide celle du télétravail

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D’emblée, signalons l’apparente contradiction entre divers sondages. Pas plus tard qu’en novembre dernier, autour de Paris, trois salariés sur quatre se disaient intéressés par le télétravail (enquête Opinion Way auprès de 826 salariés d’Ile-de-France). Et pas seulement pour les périodes de grève ou d’intempérie. Jusqu’à un ou deux jours par semaine pour la moitié d’entre eux, et tous les jours pour une personne sur quatre.

Autre prise de température réalisée fin 2010 auprès de 240 entreprises, seules 7% des directions générales soutiennent cette pratique, qui n’est une réalité vécue que dans 24% des entreprises et pour 10% seulement des effectifs (enquête IDC/Bouygues Telecom Entreprises).

Troisième écho de sondage, daté de février 2011: 60% des entreprises françaises s’organisent pour permettre le travail flexible. Solution que la société Regus (fournisseur d’espaces de travail), promoteur de ce sondage, présente comme moins coûteuse que le modèle traditionnel de bureaux fixes. Mais, plus que la réduction des coûts de gestion, les entreprises interrogées mettent en avant le fait que flexibilité rime avec productivité, agilité et possibilité d’employer des collaborateurs très éloignés du siège. Vous avez dit télétravail?

Là est en effet la contradiction. D’un côté, le retard de la France concernant la pratique du télétravail. Et ce, en dépit d’un haut niveau d’équipement des salariés en outils de mobilité (confirmé par l’enquête Bouygues Telecom Entreprises). De l’autre, la légitimation pleine et entière de ce mode d’organisation, reconnu tant par les entreprises que par les salariés. Et là, tous les sondages se rejoignent. Accès aux compétences où qu’elles soient. Gain en efficacité et en productivité, ne serait-ce que par la réduction des déplacements. Encouragement à l’autonomie des salariés et à un comportement pro-actif dans la relation employeur/employé.

On retrouve le même consensus autour de ce qui freine l’adoption du travail flexible et/ou télétravail. Et là, pas de surprise. C’est encore et toujours la nécessaire évolution du management qui est en cause. Selon l’enquête Regus, «la principale crainte des entreprises vient du manque de confiance envers les collaborateurs qui travaillent à distance. Ce qui explique que l’on propose la flexibilité principalement au haut management». Ce faisant, «de nombreuses entreprises laissent filer des belles opportunités de développement et peuvent même décourager les jeunes talents qu’elles ont mis beaucoup de temps à recruter et à former».

Pourtant, selon le sondage francilien d’Opinion Way, en marquant leur intérêt pour le télétravail, les salariés se montrent plus sages et avisés que ne le pensent leurs employeurs. Concernant les freins, ils évoquent le management (dans 30% des réponses), l’appréhension de l’isolement (une fois sur six seulement) et rarement (à peine 2%) le fait de n’être pas à l’aise avec les outils informatiques.

«La mobilité s’étend à des populations historiquement sédentaires, de plus en plus équipées», relève l’enquête IDC/Bouygues Telecom. Pour les entreprises, l’enjeu est d’en tirer profit en insufflant «une nouvelle donne en matière de flexibilité du travail». Une refonte des organisations à laquelle, implicitement, les salariés semblent aspirer. Mais les employeurs -et leur management des ressources humaines- mais aussi les pouvoirs publics sont-ils partants pour que tout cela dépasse la déclaration d’intention (oui, au travail flexible) pour passer à l’action?

Encore faut-il savoir de quoi on parle! L’enquête Opinion Way (déjà mentionnée) en Ile-de-France, visait non seulement à tester l’opinion des salariés mais aussi à envisager comment les aménagements du Grand Paris (et notamment la création de télé-centres ou bureaux de proximité) pourraient anticiper les changements de comportement inhérents au travail flexible et au télétravail. Résultat: la moitié des personnes interrogées n’a jamais entendu parler des «télé-centres», et la moitié de celles qui en ont entendu parler ne sait pas de quoi il s’agit! Du coup, pour la plupart, télétravail signifie travail à la maison. Un préjugé sûrement dépassé ailleurs, en Finlande, en Suède ou aux USA, où la proportion de télé-travailleurs avoisine les 30%. En matière de comportements innovants, auxquels les pouvoirs publics pensent pouvoir nous inciter (voir à ce sujet la récente note d’analyse du CAS (Centre d’analyse stratégique «Nudges verts: de nouvelles incitations pour des comportements écologiques», les français ont du chemin à faire.

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