Compétences: Attention à la culture projet

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25% des projets des entreprises sont en retard. Et ce n’est pas l’apanage des projets complexes ou techniques, comme il est de coutume d’ironiser au sujet des projets informatiques. Toutes les fonctions de l’entreprise (oui, la fonction RH, incluse!) et tous les métiers sont bel et bien concernés, si l’on en croit le nombre de projets qui sont menés de front par chaque entreprise. De 40 projets en moyenne pour les PME (moins de 10 millions de chiffre d’affaires), jusqu’à 330 projets en moyenne pour les grandes structures (plus d’un milliard de chiffre d’affaires).

 

Ces données issues d’une étude présentée par la société Sciforma, éditeur d’un outil informatique de gestion de projets, montre en effet que les entreprises sont majoritairement passées au fonctionnement en mode projet (soit l’organisation d’une réponse à un besoin, moyennant des ressources, un budget, et un timing planifiés). Et cela, plutôt systématiquement, mais aussi plus ou moins sérieusement. Ce qui se traduit par cette difficulté largement partagée à respecter les plannings prévisionnels. Et encore! L’étude n’évoque pas les dépassements de budget (qui vont de pair, il est vrai!)

Parmi les 4000 responsables d’entreprises qui ont contribué par leurs réponses à cette étude, ce sont ceux du secteur public qui alignaient le plus de projets, avec une moyenne de 540 projets en cours par entité. Pour 80% des entreprises représentées, la direction générale est impliquée dans tous les projets, quels qu’en soient les budgets. Un degré d’implication qui, comme le nombre de projets lancés, dépend bien sûr de la taille de l’entreprise. Et assez peu fonction, finalement, de la conjoncture économique. Selon l’étude de Sciforma, les entreprises ont lancé sensiblement le même nombre de projets en 2010 qu’en 2009 (alors que la reprise n’était pas encore amorcée).

Plus révélateur du mal chronique -le non respect des délais- qui entrave le fonctionnement de l’entreprise, le fait que plus le projet est court, plus il dérape. Moins de deux projets sur trois prévus pour durer moins de trois mois arrivent à coller à leur planning. Même constat de dérapage pour 20% des projets de 6 à 12 mois en 2010 (contre 12% en 2009). Cela va un peu mieux pour les projets de 3 à 6 mois dont les délais sont maîtrisés dans 72% des cas. Et cela joue, dans les deux sens, puisqu’il arrive aussi que l’on raccourcisse les projets: environ 5% des projets lancés pour plus de douze mois ont été menés à terme en moins d’un an.

Les raisons de ces dérapages: en tout premier lieu, le manque de la culture de base qui doit sous-tendre tout projet. Près d’un tiers des entreprises dit avoir des difficultés à mobiliser les compétences nécessaires à la réalisation de leurs projets. Sont invoqués, le manque de méthodologie de gestion de projet, le manque de qualification sur les principes de la gestion des priorités, de la planification, du pilotage des plannings, de la gestion d’un plan de charge, du suivi des temps passés, etc. Bref, le manque de culture projet qui, le plus souvent se traduit par l’incapacité (plus ou moins prononcée) à surmonter les tensions inhérentes à la prise en compte des exigences opérationnelles. Autant de pièges connus et reconnus, et que ne saurait résoudre la seule adoption d’un outil logiciel de gestion de projet. Mais… essaie-t-on réellement de les déjouer pour autant? Par la formation? Et par autres ressources du management? La question reste ouverte.

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