Usages «pro» et privé de la communication numérique: le grand chambardement (suite)

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En France, on y vient peu à peu. Mais la communication numérique -messagerie instantanée, réseaux sociaux, outils collaboratifs, vidéoconférence- est loin d’avoir relégué au placard le téléphone fixe. Ni éclipsé le besoin de réunions formelles en face-à-face. En tout cas, les entreprises de l’Hexagone y vont beaucoup moins hardiment qu’en Finlande, championne toutes catégories de la communication numérique. Plus intéressant à creuser, dans l’étude Canon dont sont issues ces données relevées dans huit pays d’Europe (voir le précédent billet), la disparité des changements qu’induit l’instantanéité de ces nouveaux usages dans la vie des entreprises.

En résumé, chaque pays a sa marque en cette matière. L’Allemagne se distingue par l’usage le plus fréquent (parmi les huit pays de l’étude) des séminaires web et des outils collaboratifs (de type Google Docs ou Huddle). Les entreprises britanniques prisent la vidéoconférence et la visiophonie (plus que dans d’autres pays). Les autrichiens et les hollandais sont devenus plus casaniers, avec la plus forte proportion (des huit pays) de personnes à bouder les conférences. Les norvégiens et les finlandais ont été les plus prompts à oublier le téléphone fixe pour ne plus utiliser que leur mobile, alors que les français et les allemands y sont plus réticents. Et les entreprises suisses qui, comme les finlandaises, ont largement remplacé les modes traditionnels de communication par les modalités numériques, sont celles qui ont le plus réduit le recours aux réunions informelles, en interne et avec les clients, lors de repas par exemple.

L’adoption des smartphones n’a pas seulement contribué à estomper la frontière entre occupation professionnelle et vie privée (voir le précédent billet). Une étude Accenture (publiée en décembre dernier, voir ici) montre que le recours à cet assistant numérique s’accompagne d’un changement radical des comportements d’achat.  «A l’aise avec les nouvelles technologies, le consommateur souhaite aujourd’hui pouvoir faire ses achats en magasin, via son smartphone ou en ligne quand bon lui semble». Et de noter que «48 % des détenteurs de téléphones mobiles  classiques envisagent d’acquérir un smartphone dans l’année». Ceci dit, les moeurs (du consommateur) évoluent mais les habitudes ont aussi la vie dure. Selon l’étude du cabinet Deloitte publiée à l’occasion du «raout annuel» qui attire à mi-février, à Barcelone, l’ensemble des acteurs des télécoms mobiles (Mobile World Congress), en France, le SMS garde la cote et ses adeptes y tiennent plus qu’à la communication sur réseaux sociaux. Par ailleurs, les français sont moins prêts à recevoir la publicité sur leur mobile que les chinois, mais plus que les britanniques.

La protection des données personnelles reste la préoccupation majeure (pour plus de la moitié des usagers du smartphone) selon l’étude Accenture. Tandis que l’étude Deloitte souligne que «parmi les clients du haut débit mobile, les deux facteurs susceptibles d’encourager l’utilisation sont des prix abordables et des réseaux pas trop encombrés».(A voir ici, également, les 12 tendances qui devraient impacter, selon Deloitte, la vie des entreprises et des usagers du numérique en 2011

Rien n’est encore gagné, dans ce grand chambardement. Qui a toutes les chances de transformer tout aussi radicalement la relation des entreprises avec leurs clients. Et avec leur personnel.

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