Emploi: les analystes et les recruteurs moins pessimistes que les futurs diplômés

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La reprise a beau s’afficher -certes timidement- dans les statistiques de l’emploi (Apec, Insee, Keljob, Monster, etc). Les jeunes, eux, n’y croient guère. A peine un étudiant sur dix pense que l’on est en train de sortir de la crise contre un recruteur sur quatre (selon le sondage Ifop effectué en novembre dernier auprès d’un échantillon de 800 lycéens/étudiants et de 200 DRH pour l’association Passerelle ESC représentant 17 écoles de management et de commerce).

Le pessimisme prévaut pour 51% des jeunes pour qui la crise est bel et bien actuelle, et 40% pour qui, néanmoins, le plus dur est passé. Les politiques de recrutement des entreprises les y incitent. Seuls 15% des employeurs estiment pouvoir relancer les recrutements, alors que 28% des entreprises interrogées disent avoir dû réduire leurs effectifs en 2010 (30% en 2009). Une bonne moitié des entreprises interrogées opte pour la prudence face au flou actuel du contexte économique.

Pessimisme rime avec un certain réalisme du côté des étudiants. La moitié d’entre eux (51%) déclare accorder plus d’importance aux débouchés professionnels liés à la formation plus qu’à la formation en elle-même. Ce qui les amène à repenser leur parcours d’études pour miser sur une formation professionnalisante (4 cas sur 10), ou pour retarder l’échéance (prolongation d’études dans 3 cas sur 10). Et 26% d’entre eux croient encore en la pérennité de l’emploi dans la fonction publique qu’ils envisagent de rejoindre.

A ce sens des réalités répond l’étude prospective du Centre d’analyse stratégique (à voir ici, novembre 2010) selon laquelle, en France, les secteurs porteurs devraient générer 968 000 emplois de plus dans les cinq ans à venir, là où les secteurs déclinants vont perdre 318 000 emplois. Au premier rang des secteurs gagnants, les “services opérationnels”, qui regroupent l’intérim et les services aux entreprises, la construction, les activités de conseil et d’assistance, et les services personnels et domestiques. Sans oublier les métiers de la «croissance verte» que d’autres études prospectives promettent à un essor imminent.

A voir notamment le «zoom sur 50 métiers de la croissance verte» publié à la Documentation française pour le compte du ministère du développement durable (présentation officielle ici). Dans la lignée des prévisions annonçant plus de 600 000 emplois concernés (en création de postes ou en mutation de métiers existants), cet ouvrage passe en revue les 11 filières intéressées (agriculture et forêts, automobile, bâtiment, biodiversité, eau, électromécanique, énergies renouvelables, métiers de la mer, raffinage, transports, tourisme).

Pour autant, à court et à moyen terme, selon le Centre d’analyse stratégique, on ne retrouvera pas avant 2015 le niveau d’emploi d’avant la crise dans les secteurs marchands. Sachant, que pour qu’il y ait plus d’emplois créés que détruits, les économistes s’accordent à placer la barre de la croissance annuelle plus proche de 2 % que de 1,5%. Râté pour 2010. Et pour 2011?  

  • 51% des lycéens/étudiants interrogés pensent que l’on est encore complètement dans la crise contre 28% des recruteurs ;
  • 9% des lycéens/étudiants seulement pensent que l’on est en train de sortir de la crise contre 24% des recruteurs ;
  • 40% des lycéens/étudiants et 48% des recruteurs pensent que le plus dur est passé mais que l’on n’est pas encore sorti de la crise.

La prudence reste de mise

En matière de recrutements, 50% des entreprises interrogées déclarent rester prudentes, le contexte économique restant incertain. Seules 15% d’entre elles estiment que le contexte économique est suffisamment favorable pour relancer les recrutements. 28% des entreprises interrogées déclarent avoir du réduire leurs effectifs en 2010 (30% en 2009).

Du côté des lycéens et étudiants, leur perception de la crise actuelle les amène à adopter des stratégies d’études prudentes :

  • 51% déclarent accorder plus d’importance aux débouchés professionnels liés à la formation plus qu’à la formation en elle-même ;
  • 40% déclarent avoir repensé leur plan d’études pour miser sur une formation plus professionnalisante ;
  • 29% déclarent privilégier une filière d’études longue afin de retarder l’entrée sur le marché du travail (dont 52% des étudiants engagés dans les filières sciences économiques / gestion);
  • 26% déclarent s’orienter vers les carrières de la fonction publique pour garantir leur emploi.

 

L’enquête a été réalisée du 2 au 10 novembre derniers par l’IFOP auprès d’un échantillon représentatif de :

- 202 DRH, responsables des ressources humaines ou du recrutement, travaillant dans un échantillon d’entreprises représentatif de 50 salariés et plus ;

- 800 personnes représentatives de la population des lycéens et étudiants.
 

 

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