Formation: les salariés se disent en manque d’information sur leurs droits

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Priorité aux formations «métiers». A sonder les intentions des DRH et les souhaits des salariés en matière de formation, c’est le principal (et seul) point sur lequel les uns et les autres se rejoignent. Pour le reste, et notamment le droit à la formation, les divergences de perception restent flagrantes.

De quoi mettre le doigt, une fois de plus, sur le déficit d’information dont estiment pâtir les salariés, et sur le rôle d’internet à cet égard. Ce que ne manque pas de faire, bien sûr, le portail Kelformation, organisateur des enquêtes Ifop (*) menées en mars dernier auprès des responsables RH puis en juillet auprès des salariés, à l’origine de ce constat. 

Est-ce un manque de réalisme? Pour une large majorité des DRH interrogés (71%), les salariés s’impliquent activement dans leur parcours de formation. Ce que démentent les réponses mêmes des intéressés: plus d’un salarié sur trois s’avoue incapable de définir ses priorités de formation, un sur trois reconnaît ne jamais formuler de demande à sa hiérarchie et la majorité (56%) d’entre eux ne prévoit de suivre que les formations organisées par leur entreprise.

Autre divergence: le ciblage des actions de formation que les DRH déclarent en priorité orienté vers  les non-cadres (pour 57% des responsables sondés), alors que, selon l’enquête de juillet, 46% des cadres et 55% des «professions intermédiaires» ont suivi une formation en 2010, contre 39% des employés et ouvriers.

Au total, moins d’un salarié sur trois (28%) déclare avoir eu une réponse positive de la DRH à ses demandes de formation, alors que, selon les responsables RH/formation, deux fois sur trois, les demandes reçoivent le feu vert le plus souvent (58%), voire systématiquement.

Y a-t-il espoir de lever certaines de ces divergences de vue entre DRH et salariés?

«OUI, au moins en partie» (répondent les organisateurs de cette étude), dés lors que l’on considère la priorité mise de part et d’autre, sur les besoins de formation à pourvoir, mais aussi le degré de satisfaction des personnes qui ont bénéficié d’une formation.

Au vu de leurs souhaits de formation, les salariés mettent l’accent sur des formations leur permettant d’optimiser leurs performances dans le métier qu’ils exercent, ou de se donner les moyens d’évoluer professionnellement. Ainsi, 31% d’entre eux aimeraient se spécialiser dans leur domaine ou dans leur métier, plus encore parmi les cadres (48%) et les professions intermédiaires (45%) que parmi les employés/ouvriers. Les autres besoins sont cités de manière secondaire, qu’il s’agisse de formations liées au développement personnel (15% de citations), à une reconversion professionnelle (11%) ou à un bilan de compétences (8%). Sont ainsi évoquées les formations à l’informatique ou à la bureautique (29%), au management et développement personnel (27%), aux langues (26%) ou encore à l’hygiène, la qualité, la sécurité ou l’environnement (23%).

Ce en quoi les DRH les rejoignent, en donnant priorité aux perfectionnements orientés métiers. Mais avec une nuance quant à la finalité: pour les DRH, il s’agit d’optimiser à la fois les performances du salarié et la compétitivité de l’entreprise, là où les salariés disent viser le développement de compétences pour leur propre évolution de carrière. Divergence logique, somme toute!

Autre point positif: 80% des salariés ayant bénéficié d’une formation en 2009 (44% du panel de salariés sondés) se déclarent satisfaits de la formation suivie. Les plus positifs (en nombre) à cet égard se trouvent parmi les moins de 35 ans, les cadres et les salariés des entreprises de plus de 500 personnes.

En revanche, près des deux-tiers des salariés se disent peu ou mal informés sur leurs droits à la formation. Ceci expliquant cela, seulement un tiers d’entre eux prévoit d’utiliser son DIF (44% chez les cadres), 16% envisagent une VAE (validation d’acquis par l’expérience) et 6% d’user du CIF (congé individuel de formation). Le sentiment de manque d’information est particulièrement flagrant chez les ouvriers, dans les secteurs du BTP-construction et du commerce, et chez les salariés des PME.

Le canal pour y remédier? Là encore un point possible de convergence entre DRH et salariés, semble-t-il: indépendamment du secteur ou de la catégorie de personnel, selon le sondage Kelformation/Ifop, Internet est déclarée la première source d’information. Pour rechercher une formation, c’est le réflexe «google» qui l’emporte (67% des réponses), suivi par le recours aux sites dédiés Emploi (24%). Sont également cités, les catalogues des organismes de formation (23%), le bouche-à-oreille (14%), les salons sur la formation (13%) et la presse spécialisée (6%)

(*) Enquête menée en juillet 2010 par questionnaire en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 803 salariés travaillant dans des entreprises de plus de 10 personnes.

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