Les sciences humaines sous-cotées dans nos entreprises

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Diplômes en poche, 70% des jeunes formés en économie-gestion ou droit sont embauchés dans le secteur privé. Pour les littéraires et diplômés en sciences humaines, les proportions sont inversées. Trois ans après leur sortie d’études, deux-tiers  travaillent pour l’Etat, les collectivités locales ou l’Education nationale. Si le tiers d’entre eux se retrouvent en entreprise, rares sont ceux qui arrivent à valoriser leur diplôme au même niveau que leurs congénères économistes, juristes ou scientifiques.

Signe le plus flagrant de ce déficit ou difficulté d’insertion, les écarts de salaires à niveau d’études égal (selon l’étude menée par le Céreq, Centre d’études et de recherches sur les qualifications) sur les conditions d’emploi des diplômés de 2004). Au niveau master (bac+5), le salaire net médian des diplômés es lettres ou sciences humaines (LSH, c.à.d. les linguistes et les diplômés en histoire-géo, psycho, socio, philo) plafonne à 1500 euros, là ou les scientifiques ou les juristes gagnent en moyenne 1900 euros.

Le salaire médian des docteurs LSH est de 1600 euros, contre 2100 euros pour les docteurs en droit-économie-gestion et 2400 euros pour les docteurs en sciences dures. Là où 90% des docteurs en droit-économie-gestion occupent un poste de cadre, seulement un docteur LSH sur deux a ce statut. Ceci expliquant cela?  Sachant, de plus, que les études et débouchés LSH sont fortement féminisés: 79% des diplômés sortants sont des femmes (contre 61% en économie-gestion-droit, et 44% en sciences dures).

Pourtant, selon le Céreq, le choix de suivre un cursus littéraire ou es sciences humaines ne constitue pas une orientation par défaut, après un parcours scolaire difficile. Interrogés sur les projets qu’ils avaient l’année du bac, la moitié des diplômés LSH affirment qu’ils savaient vers quel métier s’orienter. Ils ont enchaîné les années d’études jusqu’à la licence. Les scientifiques et les juristes/économistes sont proportionnellement plus nombreux à s’être réorientés.

Pour le Céreq, l’inégalité de traitement observée sur le marché du travail relève d’une méconnaissance des filières de lettres et de sciences humaines de la part des entreprises. Les compétences et les aptitudes acquises peuvent intéresser les employeurs. Encore faut-il les connaître et les reconnaître de façon spécifique, et les traduire en conditions d’emploi adaptées. Encore faut-il, en amont, cesser de penser que ces filières sont des voies de garage ou une orientation faute de mieux. Autant de considérations, ainsi étayées par l’étude du Céreq, à intégrer dans une GPEC (gestion des compétences) quelque peu dégagées de préjugés bien français. Mais en est-il autrement dans les pays voisins?

Pour situer l’enjeu ne serait-ce que sur le plan quantitatif, parmi les 306 000 jeunes diplômés du cru 2004, 42000 étaient diplômés en lettres et sciences humaines, 46000 en droit, sciences économiques ou gestion et 25000 diplômés es sciences.

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